Toujours pas de prise à la traîne, il est temps que je règle cette ligne (je ne vois pas trop comment mais bon). Les locaux collent des nasses signalées par des bouteilles d'eau transparentes de préférence et qu'on voit à la dernière minute (il faut faire une pétition pour que Coca-Cola vende des bouteilles opaques au moins à la Dominique, ça nous aiderait). C'est pénible pour la pêche, on risque à tout instant de se faire arracher la ligne (qu'on a fini par remonter d'ailleurs, ce n'est pas comme ça qu'on va faire fortune). Mes gants de wake sont bien pratiques car parfois ça tire dur (je radote ? sans doute l'influence de mes compagnons de bord).

On a vu des poissons volants tout au long de la journée. Je n'ai pas essayé de les prendre en photo, on ne sait jamais d'où ces fichues bestioles vont sortir. Il y avait aussi des espèces de petits fous de Bassan tout noir, quelques sternes et toujours les éternelles frégates.

Une route court le long de la côte, et tout un tas de voitures passait. Surtout des minibus et des pickups blindés de monde ; ce sont les élections le 5 mai et tout le monde arbore le drapeau de son parti, rouge pour le labor et bleu pour les démocrates. Je n'ai vu quasiment que du rouge.

En arrivant à Portsmouth, on a vu le bateau du tournage de Pirates des Caraïbes II (le Secret du Coffre Maudit). Wôw. Avec un titre pareil, ça ne peut être qu'un film à aller voir. J'irai de toute façon avec un maximum de monde juste pour flamber : "j'étais là". Le bateau était à Sainte Lucie avant paraît-il. Il y a aussi quelques épaves rouillées sur la côte.

A l'approche de Portsmouth, un gars est arrivé à fond avec sa barque et son 40cv pour nous proposer de faire un tour sur la rivière indienne (Indiana River). Un autre voilier nous suivait de près (½ mille), du coup le mec, ne voulant pas le louper et devant notre refus, s'est empressé de continuer sa route à fond. Il s'est quand même fait griller de peu par un concurrent sur le même genre d'embarcation.

Une fois au mouillage, un autre mec s'est pointé pour nous proposer de tout : des fruits, des légumes, de "l'herbe qui fait rigoler" et des filles. On s'est contentés de bananes et de mangues. Le mec, Tonio, acceptait les dollars Caraïbe — la monnaie du coin — les dollars US et les Euros. Il parlait un français impeccable (enfin bon, c'est pas comme s'il sortait de l'Académie non plus hein).

Pendant qu'on prenait un bain, un troisième larron nous a proposé du marlin. On en a pris deux grosses tranches. La Dominique, c'est mieux que le Mc Do, on vient vous servir à votre porte. Yannick s'est occupé de préparer le poisson et Jacques, Yves et moi sommes descendus à terre.

Ca n'a pas l'air très riche mais ça va. On a pris un punch planteur au bord de la plage devant lé télé qui diffusait les infos de... France 3 ! Plus fort encore, c'était une interview de Jean-Marie Le Pen et sa fille, sans doute à l'occasion du défilé de Sainte Jeanne d'Arc. Ca m'a fait bien rigoler d'entendre Le Pen dans un endroit pareil.

Les locaux parlent assez bien français de manière générale ; ils sont beaucoup plus roots qu'à la Martinique, ça a l'air de pas mal glander et de fumer. C'est plein de chiens qui viennent nous traîner dans les pattes et la plupart des maisons sur la plage sont en tôle.

De retour à bord, à la bouffe. Le marlin est coriace, pourtant il a été bien cuisiné. Yannick ne rigole pas avec ces choses-là. Les mangues sont pleines de fibres et sont assez fades. J'en viens à me dire qu'on a bien fait de refuser les filles.

Finalement on décide d'appareiller demain matin, direction Terre-de-Haut aux Saintes. Une petite navigation d'une vingtaine de milles sans trop de vent a priori.
On verra...

Les photos de la Dominique sont là.