Je rêve d'un lit dans lequel je n'aurai pas besoin de m'agripper, un bain, de pouvoir m'asseoir sans risque de tomber, de pouvoir manger sans avoir à tenir mon bol, mon assitte mon verre et la casserole.

Yves a encore fait un cake loupé. Le four n'est pas terrible pour faire les cakes. L'extérieur cuit trop et l'intérieur pas assez. Enfin bon, on ne se fait pas prier pour le manger. Le vent est toujours de Nord-Est entre 15 et 25 noeuds. Je me lasse un peu de cette situation. Les conditions n'ont pas beaucoup varié depuis qu'on a quitté Marigot. Du près sans arrêt. Mon plus long bord à ce jour. Heureusement qu'il fait beau et qu'il y a peu de houle. Ca ne tape plus. Jacques a fini par visser un peu plus le ridoir de hauban, ça ne claque plus. On a pris un petit apéro dans le cockpit pour fêter ça et se "défâcher".

J'ai eu une petite discussion avec les anciens qui ne veulent pas admettre que la force de Coriolis n'est pas observable dans un lavabo qui se vide. Je soutiens que trop de paramètres entrent en jeu pour que l'expérience soit concluante, ils me soutiennent le contraire. Il va falloir que je vérifie ça à l'arrivée - enfin, disons que ce n'est pas une vérification que j'aurai à faire puisque je sais que j'ai raison, il va juste falloir que je rassemble les preuves, sans blague !

Les labbes continuent à nous rendre visite de temps à autre. Des sternes passent aussi. D'autres oiseaux plus fins que les premiers volent en groupes au ras de la houle, mais ils restent à distance du bateau et nous ignorent.

Je vais me coucher et me reposer un peu avant mon quart. J'ai le ¼ de pleine nuit et le premier ¼ de la journée, le plus difficile. Je lutte toujours pour ne pas m'endormir.